CV - bio de Suzanne Dracius en 300 mots

vendredi 27 juin 2014
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Suzanne Dracius, née à Fort-de-France, passe son enfance en Martinique, puis son « En-France » en Île-de-France. Professeur de Lettres Classiques (français, latin, grec) à l’issue de ses études au lycée Marie-Curie de Sceaux et à la Sorbonne, issue de tous les sangs qui se sont mélangés plus ou moins violemment ou voluptueusement dans son île volcanique — l’Africain réduit en esclavage, le « béké », alias le colon français blanc, les Indiens à plumes et sans plumes et, pour pimenter le tout, une aïeule chinoise —, la « calazaza » écrit au « féminin pluriel » et a enseigné à Paris puis à l’Université Antilles-Guyane, à l’University of Georgia et à l’Ohio University (USA) en tant que « visiting professor ». Révélée en 1989 par L’autre qui danse, publié par Robert Laffont sous le label Seghers (finaliste du Prix du Premier Roman, réédité en poche aux éditions du Rocher en 2007), une plume appréciée d’Aimé Césaire, à la sensualité volcanique, ses œuvres (roman, nouvelles – Rue Monte au ciel, Coup de Cœur FNAC –, théâtre – Lumina Sophie dite Surprise, Médaille d’Honneur de Schœlcher – et poésie), publiées en Europe et aux États-Unis, sont traduites en plusieurs langues et étudiées dans de nombreuses universités européennes, américaines et africaines. Prix Fetkann 2009 pour son recueil de poésie Exquise déréliction métisse, Prix de la Société des Poètes Français pour l’ensemble de son œuvre en 2010, coordonnatrice de l’ouvrage collectif Pour Haïti au profit de Bibliothèques Sans Frontières, Suzanne Dracius publie en mars 2014 Déictique féminitude insulaire. Exaltant métissages et marronnages littéraires, chevauchant français et créole, la mulâtresse « chabine dorée » danse au son de sa mémoire scandée par les échos de l’Histoire. Son œuvre s’inscrit dans l’interrogation d’une France multiethnique de toutes les solitudes, de « Français à part entière mais entièrement à part », persuadée que « le racisme est soluble dans l’encre noire ».
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